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Édito Kréyol Factory
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Yolande Bacot
Yolande Bacot
Photo ©David Bordes

 

Créole ou Kréyol : des senteurs de vanille, le rouge des hibiscus, la couleur ambrée du rhum, la pluie des tropiques, des lambis venus des profondeurs… et une nuit qui tombe comme un rideau . Non, Kréyol Factory ne goûte pas de cet exotisme là, habit de madras d’une réalité rarement regardée en face… une réalité que l’Occident des Lumières a fini de façonner dans le déni de ses idéaux,  pour la richesse de son empire.

Les mondes créoles sont nés dans la violence de la prédation, de la disparition des uns - les Amérindiens - et de la fusion forcée d’autres venus d’univers que des océans séparaient.

Qu’est-ce qu’être créole aujourd’hui, créole caribéen ou indo-océanien, dans l’hyper modernité du XXIe siècle où les identités se diluent dans un grand brassage planétaire ?

Africains, européens, indiens, chinois, libanais, hmongs, tout à la fois, les mondes créoles seraient des « condensés de mondialisation », des laboratoires pour le Vieux Monde qui n’a pas encore appris à être multiple.

Avec la pensée structurante de Stuart Hall.1, la libre complicité de soixante artistes, plasticiens,  photographes, vidéastes et les témoignages recueillis par quelque dix-huit documentaristes, Kréyol Factory s’emploie, en dénouant les fils d’une apparente complexité, à rapprocher archipels et continents pour n’en faire plus qu’une gigantesque Créole factory.2 

Yolande Bacot
Commissaire

1. Sociologue britannique d’origine jamaïcaine
2. Expression empruntée à Maryse Condé

 
 

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